« Allez, soyez mes témoins ». (2)

À la source du témoignage chrétien

Comment rendre davantage visible, par notre vie personnelle et communautaire, la joie d’avoir reçu du Christ le pardon et le salut ?

« Vous serez mes témoins » : l’interview de Mgr Terlinden – 17 min

Cette année, le thème « Soyez mes témoins » accompagne la vie des six communautés paroissiales de notre Unité pastorale. Ce deuxième article propose d’approfondir ensemble les réflexions de notre archevêque, Mgr Luc Terlinden, dans son texte Vous serez mes témoins, présenté avant l’été comme document de travail. Nous nous attacherons particulièrement à sa troisième partie, intitulée « Témoins de l’Évangile ».

Pourquoi nous arrêter à cette partie ? Parce qu’elle éclaire le fondement même de notre appel à témoigner. Avant de nous demander comment annoncer l’Évangile aujourd’hui, il nous faut comprendre quelle Bonne Nouvelle nous avons reçue et comment elle transforme notre propre vie. L’archevêque nous ramène ainsi à la source : Jésus-Christ, le salut qu’il nous apporte et la communion avec lui, dont doit se nourrir le témoignage de chacun et de nos communautés.

Tout commence avec Jésus-Christ, le premier évangélisateur, qui a annoncé le Royaume de Dieu et nous a apporté le salut. Ces deux expressions, « Royaume de Dieu » et « salut », que nous entendons souvent sans toujours en mesurer la portée, nous conduisent au cœur de la Bonne Nouvelle. En Jésus, Dieu vient régner dans nos vies : le Christ nous délivre du mal et du péché, nous réconcilie avec Dieu et nous fait participer à sa vie. Par sa mort et sa résurrection, il nous ouvre cette communion avec Dieu, que la grâce nous donne de vivre dès maintenant au sein de l’Église et qui trouvera son accomplissement dans la vie éternelle.

Recevoir ce salut appelle une réponse : la conversion. Par sa grâce, Dieu veut transformer notre cœur, notre regard et notre manière de vivre. Suivre Jésus suppose de quitter le péché, d’apprendre à vivre les béatitudes et d’accepter le renoncement et la croix à sa suite. Il faut le redire sans nous lasser : cette Bonne Nouvelle est offerte à tous. Chacun est invité à l’accueillir librement et à se laisser transformer par elle.

C’est ainsi que s’est formée autour de Jésus une communauté de disciples. Ils ont accueilli sa parole dans la foi, puis sont devenus eux-mêmes ses témoins. Depuis la Pentecôte, l’Esprit Saint donne à l’Église la force d’annoncer le Christ ressuscité et le salut offert à tous. Soulignons-le avec notre archevêque : cette mission confiée par le Christ à l’Église appartient à sa raison d’être. Elle engage tous les baptisés, chacun selon sa vocation, dans leurs paroles comme dans leurs actes.

Mais les témoins du Christ doivent toujours demeurer unis à Celui qu’ils annoncent et dépendre de sa grâce. Ils doivent résister à la tentation de prendre sa place, car lui seul est le Sauveur. Voilà pourquoi l’archevêque souligne que nous devons d’abord nous laisser évangéliser nous-mêmes. Nous n’avons jamais fini d’apprendre à écouter le Seigneur et à lui obéir. Comme Marie, la sœur de Marthe, nous avons sans cesse à nous tenir à ses pieds pour recevoir sa parole.

Ce retour au Christ concerne chacun de nous et nos communautés tout entières. Notre organisation, nos activités et le souci de l’avenir de nos paroisses peuvent nous absorber au point de nous faire oublier l’essentiel. Quel temps donnons-nous à la prière ? Quelle attention portons-nous à la Parole de Dieu ? Quelle place laissons-nous au Seigneur dans les décisions que nous prenons ?

Notre union avec lui s’enracine d’abord dans le baptême. Elle se nourrit de l’Écriture, de la prière et des sacrements, particulièrement de l’Eucharistie. Les catéchumènes et les personnes qui demandent le baptême nous aident à redécouvrir la grandeur du don que nous avons reçu. Rappelons que, dans notre Unité pastorale, les six adultes se préparent à recevoir l’année prochaine les sacrements de l’initiation chrétienne : le baptême, la confirmation et l’Eucharistie. Leur démarche nous invite, nous aussi, à prendre davantage conscience de notre vie de baptisés. Les pèlerinages, le chapelet et la dévotion à la Vierge Marie et aux saints peuvent également soutenir cette vie de foi et approfondir notre union au Christ.

Cette communion avec le Seigneur ouvre aussi nos yeux sur ceux qui nous entourent. Elle nous apprend à reconnaître les besoins des pauvres, des petits, des malades et des personnes seules, puis à y répondre concrètement. L’amour reçu du Christ devient ainsi une charité qui se donne.

Nous comprenons alors le lien entre l’enracinement personnel en Jésus et la vie de la communauté. Chacun est appelé à témoigner dans son milieu de vie, mais personne ne porte seul la mission de l’Église. La foi partagée, la prière commune et le soutien fraternel fortifient notre fidélité. À travers une communauté qui écoute la Parole, célèbre les sacrements et prend soin des plus fragiles, d’autres peuvent découvrir le Christ.

La vitalité d’une paroisse ne se mesure donc pas seulement au nombre de ses membres ou de ses activités. Elle se reconnaît aussi à la foi qui l’anime, à sa fidélité au Seigneur et à la charité qui unit ses membres. Pour les six communautés paroissiales de notre Unité pastorale, la question posée au début de cette réflexion devient un appel à agir : quelle place donner davantage au Christ pour que sa présence porte du fruit dans notre vie et que d’autres puissent, à leur tour, le rencontrer ?

« Vous serez mes témoins », lecture du document de travail de Monseigneur Luc Terlinden.
Chapitre III – Témoins de l’Evangile, Jésus, premier Evangélisateur Une église évangélisatrice – 12 min

Service de la communication UPBeauvechain

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